Congolaises, Congolais,
Chers Compatriotes,
Mesdames et Messieurs,

Chaque année, l’UNESCO propose un thème général autour duquel s’articule la célébration de la liberté de la presse. Ce jour 3 mai 2020, la communauté internationale célèbre cette journée mondiale sur le thème : « Le journalisme sans crainte ni complaisance ».
Ce thème est emblématique de la situation actuelle du beau métier de journaliste.
A en croire le Rapport 2020 de l’ONG « Reporters Sans Frontières » sur la liberté de la presse, le journalisme serait en danger pour la décennie à venir.

Le millésime 2020 de cette journée intervient dans un contexte particulier, marqué par la crise sanitaire sans précèdent que traverse le monde, du fait de l’expansion de la maladie du coronavirus Covid-19. Le Congo n’est hélas, pas épargné par les ravages de cette pandémie. Il convient de relever que la situation sanitaire actuelle, avec son cortège de peurs, d’incertitudes et de doutes, a contribué à accélérer une crise qui n’attendait que l’occasion propice pour s’abattre sur notre pauvre planète.

Aussi, et au nom du Gouvernement, je tiens ici et maintenant à rendre un hommage mérité aux chevaliers de la plume et du micro, aux techniciens, preneurs de son et d’images, aux éclairagistes, aux monteurs, transmetteurs, réalisateurs et diffuseurs. Dans leur devoir d’information, d’éducation et d’édification du public, ces professionnels sont partie prenante de la première ligne de front de notre combat collectif et national contre ce virus redoutable et imprévisible.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication et des médias,

Je suis certain que la Nation, convaincue par votre abnégation au travail et par votre courage, d’autant plus admirables en ces temps incertains et dangereux, vous encourage à continuer à assurer votre sacerdoce. Celui de l’information, de la formation et de l’éducation, pierres angulaires de la déontologie qui structure vos métiers.

Chers journalistes,

A vous tous et, au-delà de votre corporation, à chacun de nos compatriotes, je précise que le thème de cette année doit nous interpeller. Ce thème doit particulièrement encourager les professionnels que vous êtes à exercer votre art sans crainte ni complaisance.
Travaillez sans crainte. Le Gouvernement, grâce à l’impulsion donnée par Son Excellence Monsieur Denis Sassou N’Guesso, Président de la République, Chef de l’Etat, vous garantit l’accomplissement paisible de votre mission essentielle pour notre jeune démocratie, et ce sur l’ensemble du territoire national.
Travaillez sans complaisance. Cette qualité est absolument nécessaire pour que la presse soit respectée comme un des piliers de la libre expression dans notre espace public national.

Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,

Le Gouvernement vous encourage bien volontiers à user du parler vrai et à vous maintenir le plus loin qu’il soit possible de toute subjectivité et de toute passion. Ces excès pourraient déformer votre perception des faits et fausser votre jugement sur les hommes qui en sont les acteurs.
La noblesse de votre métier vous oblige à aborder les problèmes qui touchent la vie de nos compatriotes en toute objectivité.
Ces principes fondamentaux rappelés, il convient quand même de souligner que l’exercice plein et entier de cette liberté ne doit en aucune manière être l’occasion d’ouvrir la voie à la diffamation, la manipulation, la déformation des faits ou, pire encore, vous conduire dans l’impasse de la désinformation.

Comme l’exigent nos textes, à savoir les lois et règlements généraux de la République et les textes spécifiques qui régissent le secteur de la presse, un professionnel averti doit vérifier avec soin ses sources d’information. Le respect scrupuleux de son obligation de livrer au public des informations sûres en dépend.

Chers compatriotes,

Depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg au 15ème siècle la presse, fille de cette géniale avancée, s’est illustrée comme un instrument puissant de communication.

L’irruption des technologies numériques au cours de la première décennie du 21ème siècle a démultiplié les capacités de l’outil en lui permettant, par la magie d’un clic de souris ou de la pression d’un doigt sur le clavier d’un téléphone, en quelques secondes, d’atteindre les confins les plus éloignés de notre planète.

Le numérique a fait naître un nouveau type de médias : la presse en ligne, écrite et audiovisuelle. Avec son développement, de nouveaux défis ont surgi et peuvent hélas parasiter nos sociétés et faciliter la manipulation des populations. De nos jours, les « coronavirus de l’information » que sont les « fake news » et autres « deep news » doivent susciter notre indignation mais aussi notre vigilance citoyenne et notre lucidité ; c’est en restant en constant éveil que nous pourrons barrer la route à ces phénomènes pernicieux.

Le rôle joué par la presse au sein de notre société contribue malgré ces forces centrifuges négatives, au développement et à l’épanouissement multidimensionnels de nos populations.
Depuis sa création, la presse s’est affirmée comme un pouvoir capable d’accélérer les plus grands changements et de permettre l’accouchement des plus importants bouleversements sociaux, culturels voire politiques qu’ont connues nos sociétés. A n’en point douter, elle participe du progrès des nations.
Faire le meilleur usage de ses vertus contribue à l’édification d’une société stable et éloignée des travers susceptibles de troubles, d’inquiétudes ou de discorde.
C’est pourquoi, le Gouvernement appelle les professionnels des médias à se servir de cet instrument précieux avec le soin le plus méticuleux à même d’aider la nation congolaise à se défaire des antivaleurs qui peuvent la gangréner.

Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,

Pour conclure, je ne peux que me féliciter de l’orientation globale donnée au développement de notre secteur de la communication et des médias sous la clairvoyante conduite de Son Excellence Monsieur Denis Sassou N’Guesso, Président de la République, Chef de l’Etat. Ainsi, l’institution d’un organe national de régulation, à savoir le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), et l’adoption de lois libérales en matière de presse et d’information, ont permis à chacune et chacun des professionnels de ce secteur d’exercer son art en toute quiétude et sans être aucunement entravé ni poursuivi pour cela.

Enfin, le Gouvernement ne ménagera quant à lui aucun effort pour appliquer et faire appliquer les instruments nationaux et internationaux, en l’occurrence la loi n°08-2001 du 12 novembre 2001 portant loi organique sur l’exercice de la liberté de la presse au Congo et la Déclaration de Windhoek de 1991 qui appellent à garantir les droits fondamentaux de l’être humain, à savoir : le droit d’informer, d’être informé et de se former.

Vive la liberté de la presse !
Vive la République !
Je vous remercie.