Congolaises, Congolais,

Chers compatriotes,

Depuis la conférence de Windhoek en Namibie, organisée par l’UNESCO du 29 avril au 03 mai 1991, l’humanité commémore la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.

Cette commémoration est depuis lors scandée le 03 mai de chaque année. L’édition 2021 marque donc la trentième année de cette Journée fondamentale.

Le thème retenu cette année par l’UNESCO est, je cite, « l’information comme bien public », fin de citation.

Cette notion de « bien public » est ici prise au sens de patrimoine commun ; un patrimoine commun non rival et non excluable. C’est-à-dire que l’information doit être dorénavant considérée au sens où, notamment, les technologies ne doivent pas permettre de restreindre l’accès à ce bien, pour quelque motif que ce soit, notamment politiques et économiques.

Cette pétition de principe est spectaculaire et historique ; elle donne à l’information le rang d’un bien inaliénable et non négociable dans son principe. Un bien quasiment élevé au rang de patrimoine mondial de notre humanité.  

Le thème du trentenaire de notre journée nous appelle à réfléchir sur la place et le rôle de l’information dans la vie de tout être humain.

En effet, l’être humain ne vit pas que de pain.

Parmi les éléments qui contribuent à son épanouissement figure en bonne place l’information, consacrée comme un droit fondamental et imprescriptible. Ainsi, la Déclaration universelle des droits de l’homme dispose, en son article 19 que, je cite : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de rechercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit » fin de citation.

C’est à ce titre que les Etats du monde entier se sont dotés de moyens de diffusion, d’éducation et d’information de masse comme la télévision, la radio et la presse dite traditionnelle, moyens complétés et démultipliés depuis l’avènement de l’internet et des technologies du numérique.  

La République du Congo, notre pays, n’est bien évidemment pas restée en marge de cette dynamique. De tout temps, les autorités nationales ont rendu disponibles les moyens nécessaires pour rendre dynamique et viable le secteur de la communication et des médias ; elles ont toujours donné la priorité à la garantie du bon fonctionnement des médias tant publics que privés, véhicules nécessaires et appropriés pour la circulation fluide de l’information au sein de notre société.

La production et la diffusion d’une information saine, citoyenne et de qualité sont au centre des préoccupations des pouvoirs publics. 

 

Chers compatriotes,

Il convient de souligner, pour s’en féliciter, que la révolution numérique a démultiplié, accéléré et démocratisé la production et la diffusion de l’information, lui donnant un caractère instantané et universellement partagé.   

Malheureusement cette révolution à la fois technologique et sociétale est, trop souvent hélas, une arme à double tranchant.

En effet, une information avérée mais mal gérée, peut être une source de confusion, de malentendus et même de catastrophes. Et que dire des informations inexactes et mensongères, communément appelées « infox » ou « fake news », volontairement ou involontairement fabriquées et diffusées et la plupart du temps relayées par le support le plus instantané qui soit, à savoir la technologie numérique ?    

Leur prolifération incite à la diffusion de la haine, de la suspicion et même de la peur avec pour funestes résultats la déchirure du tissu social, la violence et parfois même la dislocation de la société et la déstabilisation des Etats.

Cette pétition de principe est d’autant plus importante qu’elle s’inscrit dans le contexte de persistance de la pandémie à coronavirus Covid-19, qui se révèle malheureusement un terreau fertile au développement des informations les plus fantaisistes.

Aussi, dans le but de lutter contre la manipulation de ce bien fragile et nécessaire à la cohésion de nos sociétés, l’Etat congolais s’est doté des codes et instruments idoines. A ce titre, l’on peut citer l’institution du Conseil Supérieur de le Liberté de Communication (CSLC) qui, dans sa fonction de régulateur, assure un équilibre permanent entre la liberté de l’information, ferment démocratique fondamental, et la nécessaire cohésion sociale par la lutte contre les pratiques professionnelles contraires à la déontologie ou contrevenant à la loi.   

Chers amis de la presse,

Il revient aux professionnels de la communication et des médias que vous êtes de faire preuve de responsabilité, de rigueur et de tempérance dans la production et la diffusion de l’information. 

Outre les textes internes qui régissent votre noble métier, je me permets de vous rappeler que certains instruments internationaux tels que la Charte de Munich, exigent de vous une rigueur dans le traitement de l’information et recommandent la seule publication des informations dont l’origine est connue de tous et de chacun et leur source vérifiée et vérifiable.

Aussi, et pour aider à combattre le véritable cancer contemporain de l’information, à savoir le phénomène dit des « fake news » qui gangrène nos sociétés, le Gouvernement de la République en appelle à votre professionnalisme dans la gestion de l’information, afin de contrer ce fléau des temps modernes.

Votre impérieux devoir est de produire et de diffuser la bonne information, l’information vraie ; votre sacerdoce est de contribuer à la consolidation du tissu social, du vivre ensemble ; votre honneur est d’aider à la préservation du climat de paix et de tranquillité publique, avancées obtenues de haute lutte grâce aux efforts inlassables et au leadership de Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, Président de la République, Chef de l’Etat.

Pour ce qui le concerne, le Gouvernement de la République a mis, met et mettra tout en œuvre pour vous garantir l’accès aux sources d’information, condition préalable à l’exercice optimal de votre profession.

L’article 25 de la loi fondamentale du 25 octobre 2015 est la sanctification constitutionnelle de cet engagement.

Vive la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse !

Vive l’UNESCO !

Vive la République !

Je vous remercie !