Les états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche, lancés par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, le 13 septembre à Brazzaville, visent à trouver des approches novatrices pour la résolution des problèmes qui minent le système éducatif.

Les états généraux de l’éducation, de la formation et de la recherche ne sont pas une messe supplémentaire, où l’on viendra refaire le procès de l’école congolaise, a indiqué le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso. Les multiples réflexions menées, selon lui, ont déjà permis de déceler les faiblesses du système éducatif congolais. « L’objectif poursuivi est de profiter de l’intelligence collective ici rassemblée et l’expertise nationale convoquée pour envisager des approches idoines et novatrices à la résolution des problèmes et défis déjà identifiés. Le financement, la qualité et la finalité de l’éducation sont les principaux axes de votre réflexion », a-t-il indiqué.

Le chef du gouvernement a, par ailleurs, souligné que ces états généraux sont certes une occasion pour faire une autopsie de l’ensemble du système éducatif et un diagnostic sans complaisance, de façon à envisager des thérapeutiques appropriées, mais ils échoueraient à leurs missions s’ils ne se contentaient qu’à rappeler les difficultés que rencontre le système éducatif sans apporter des solutions adéquates.

Le système éducatif, du préscolaire à l’enseignement supérieur incluant la recherche scientifique et l’innovation technologique, présente des défis importants dans le domaine de l’accès et de l’équité ; l’amélioration de la pertinence et de la qualité des apprentissages ; l’adéquation de la formation qualifiante aux besoins de l’économie nationale et du marché de l’emploi ; l’amélioration de la qualité du plateau technique et des infrastructures ; le nombre et la qualité des enseignants pour la plupart, bénévoles et sans formation ni initiale ni continue ; l’intensification  de la violence en milieu scolaire et universitaire ; la mobilisation difficile des financements nationaux et internationaux et l’assainissement de la gouvernance.

« Selon les sous-secteurs, l’éducation préscolaire est encore embryonnaire dans notre pays avec seulement un taux brut de préscolarisation de 16%. Le taux d’achèvement de l’enseignement primaire est accompagné de forts taux de redoublements et d’abandons qui affectent particulièrement les filles, les enfants handicapés, la population autochtone et les élèves vivant en zone rurale », a reconnu le Premier ministre, tout en rappelant que la majorité des enseignants des écoles primaires publiques sont des bénévoles pris en charge par les parents d’élèves. L’offre d’éducation au collège et au lycée reste concentrée essentiellement dans les grandes villes, notamment Brazzaville et Pointe Noire, et les taux d’achèvement au collège et au lycée se situent respectivement autour de 62% et 34%…

Autant de défis à relever pour rendre le système éducatif congolais de plus en plus performant, selon le haut-commissaire à l’organisation des états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de l’alphabétisation, Hellot Matson Mampouya. Dans le cadre de ces états généraux, a-t-il expliqué, les consultations départementales auront lieu à partir du 12 octobre prochain. « Ces consultations départementales visent à recueillir les besoins réels exprimés par les communautés éducatives et les parties prenantes dans chaque département. Ce qui permettra de mieux appréhender la réalité en termes quantitatif et qualitatif », a fait savoir Hellot Matson Mampouya.

La représentante de l’Unesco, Fatoumata Marega, et celle de l’Unicef, Chantal Umutoni, ont salué l’initiative en assurant leur appui pour sa réussite afin d’aider le Congo à atteindre l’objectif de développement durable 4 des Nations unies qui vise à assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.

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